Aveux simples

de
Jeanine BAUDE

Illustrations :
Pessin Marc
(encres)

19.00 €    

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• ISBN : 978-2-35128-103-1

• Quinze encres de Marc Pessin

• format : 16 x 24 cm

• pages : 88

• PARUTION : octobre 2015

Prix : 19.00 euros



Un incipit à René Rougerie suivi de "Le Jardin de Mortemart" puis
d’ "Aveux simples", un parcours d’éditeur(s) donc, qui se fond et tresse le questionnement de l’écrivain tout le long de ce recueil.
Écriture rouge, écriture chauffée à blanc, creusant le mot, la phrase et la page du même burin si Corriger et corriger encore lier et
délier / le blanc entre les mots sa mesure pérenne [...] sont :
Aveux simples marée à l’étale quand le livre se ferme sur poursuivre et venir au jour encore et encore adoubant l’océan sa longue tresse ses dieux enfouis le vivre et le tenir allongeant ta durée le
ressac la cécité râpeuse la tempête et coursant l’infini ta mesure d’être si fleurissant sous ton manteau de pierre tu ne surgis pas
indemne de ce cri de ce cri seul sur la vaste colère celui qui arme
ta main sur la page trouée l’idylle sa ceinture leurs élytres noyés l’air mangeant tes poumons soudain si vaste que soit l’étroit si vaste que soit le monde


Jeanine Baude collabore à plusieurs revues françaises et étrangères. Elle a publié de nombreux livres, récits et recueils de poèmes dont, parmi les plus
récents : "L’Adresse à la voix" (Rougerie), "Le Chant de Manhattan" (Seghers),
"Juste une pierre noire" (Éditions Bruno Doucey), "New York is New York"
(Tertium), "Le Goût de Buenos Aires" (Le Mercure de France), "Emma Goldman, non à la soumission" (Actes Sud junior).


Artiste peintre et graveur, Marc Pessin quitte Paris en 1964 pour installer son atelier (devenu depuis Centre d’Archéologie Pessinoise) à Saint-Laurent-du-Pont en Isère. Il anime les éditions "Le Verbe et l’Empreinte".
« Je tâche de me défaire du rôle d’illustrateur : j’essaie (sans l’oublier) de sortir du poème, pour être moi-même, d’abandonner toute séduction (...) pour pouvoir mieux me rencontrer avec le poète. »




On peut lire un compte rendu de Max Alhau sur le site de la revue "Texture" :

http://revue-texture.fr/les-critiques-de-max-alhau-2014.html


Un compte rendu de Joëlle Grades paru dans la revue "Place de la Sorbonne", no 6, p. 267
(Revue internationale de poésie de Paris-Sorbonne).


Et la longue note de lecture de Lucien Wasselin pour le site "Le Recours au poème" :

Si Jeanine Baude commence à publier en 1962, ce n’est qu’à partir de 1990 avec" Parabole de L’Éolienne" qu’elle rencontrera René Rougerie qui sera son éditeur jusque 1998 avec "Incarnat Désir" : entre ces deux bornes, 4 livres dont un donne la correspondance entre René Char et Jean Ballard. Ensuite les éditeurs se succèdent, même si en 2003, Jeanine Baude retrouve Rougerie (avec "L’Adresse à la Voix"). Aussi ne faut-il pas s’étonner qu’"Aveux Simples" s’ouvre sur Le Jardin de Mortemart dédié à René Rougerie.

"Aveux Simples" est un bien beau livre donné à lire par Voix d’encre : les encres de Marc Pessin sont tout simplement splendides, non qu’elles illustrent parfaitement les poèmes de Jeanine Baude mais elles sont des créations autonomes à part entière. La quatrième de couverture rappelle les propos de Pessin : "Je tâche de me défaire du rôle d’illustrateur : j’essaie de sortir du poème, pour être moi-même [...] pour pouvoir mieux me rencontrer avec le poète". De fait, on reconnaît ses encres qui ne sont pas des décalques des poèmes. Des encres qui se dressent sur la page blanche, hiératiques, éclatantes et lumineuses malgré le noir.

Le Jardin de Mortemart est une suite de huit poèmes regroupés en deux ensembles : hommage à Rougerie qui a publié six recueils de Jeanine Baude. On ne s’étonnera pas de lire dans ces vers une confrontation entre des consonnes, des voyelles, du signe, du mot, du livre... avec l’unité du geste (qui est sans doute celui de l’imprimeur que fut René Rougerie qui donna vie aux poèmes de Jeanine Baude), le plomb, les caractères et les outils "un à un et huilés et libérant leur force"... Mais cette confrontation se mêle au paysage (les monts de Blond) et au jardin et au goût de la marche. Si ces poèmes sont une façon de faire le deuil de l’ami en allé ("sur le cortège ensoleillé des pas / ceux qui suivaient ta dépouille"), ils sont aussi une façon de continuer le combat de René Rougerie (l’écran, les touches...)

"Aveux simples" est composé de trois suites de poèmes. La première est exclusivement composée de sizains de vers amples, bâtis sur le modèle des versets de "Soudain" : tous commencent par le mot "écrivain". Jeanine Baude essaie de définir l’écrivain. Et l’on peut s’interroger sur ce qui unit cette suite (comme l’ensemble intitulé Aveux simples) au Jardin de Mortemart. Sans doute des choses impalpables au-delà des apparences, ce qui expliquerait cette multitude d’essais... Derrière elles, on retrouve l’image de l’éditeur/imprimeur, écrivain par procuration au catalogue riche de sa diversité : car comment comprendre ces "fleurs du jardin" : le jardin de René Rougerie serait alors son catalogue et les fleurs de son jardin, les poètes qu’il a publiés... La deuxième est composée de neuvains auxquels s’ajoute un dixième vers détaché commençant toujours par "Écrire et ce serait"... Jeanine Baude s’interroge sur l’acte d’écrire ; d’où ses multiples hypothèses qui demandent le conditionnel de "ce serait"... La somme de ces derniers vers de chaque poème constitue comme une définition de l’écriture, définition certes toute personnelle et métaphorique, mais recevable et méritant discussion... La troisième est une succession de petits pavés de prose débutant tous par ces mots : "Aveux simples". Ce qui retient l’attention dans ces poèmes c’est la diversité du monde et des voies de l’écriture poétique, de "la poésie indivisible" qui reste une énigme...