L’insoupçonnée ou presque

de
Muriel STUCKEL

Illustrations :
Reynès Laurent
(peintures)

21.00 €    

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• ISBN : 978-2-35128-086-7

• format : 16 x 24 cm

• pages : 144

• illustrations : 20 peintures de Laurent Reynès

• préface : Bernard Noël

• PARUTION : octobre 2013

• Sélection du prix Mallarmé

Prix : 21.00 euros



Quelle est cette voix des profondeurs intimes dont l’écriture cherche à saisir l’imperceptible genèse, entre nostalgie de l’instant et pulpe de la mémoire, si ce n’est "L’insoupçonnée ou presque" ?

Pour peu que l’on consente à l’écouter, la voix de poésie s’éprouve en nous comme résurgence subreptice. Dans la césure des poèmes, dans les failles de la phrase, dans les interstices des mots, le silence originel palpite pour scander de ses notes échappées l’acte de création qui se risque, entre la page et les yeux, pour faire écho à la tendre vigilance du poème. Dès lors, l’esprit se tisse de mots ressurgis qui font de notre chair invisible une chair textuelle où sculpter, par le regard intérieur et la fragilité du verbe, le sens de cette émergence, véritable rhapsodie intérieure qui chuchote son rythme, sous notre œil de poésie, dans les replis du livre, pour secouer les limites de la pensée.


Sous les cils de la mémoire

Je l’ai vu s’approcher

Mon insoupçonnée

Riche de tout ce que j’ignore

Grisée de tout ce que j’oublie

Avide de croiser ses syllabes

Pour dire la grâce de l’informe

Avant les étincelles du sens

Qui fusent incandescentes

Sous les cils de la mémoire

Je l’ai vue s’arracher

Aux torsions de l’obscur

De son linceul originel



Muriel Stuckel est poète, critique, professeur de littérature en khâgne au Lycée Fustel de Coulanges à Strasbourg. Outre des articles, des proses, des poèmes en revues, elle a collaboré à des livres d’artistes et notamment publié en 2011, aux éditions Voix d’encre, "Eurydice désormais", avec des peintures de Pierre-Marie Brisson et une préface d’Hédi Kaddour.

Laurent Reynès est peintre, sculpteur, professeur à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Strasbourg. Il a exécuté 20 peintures pour enrichir le recueil de Muriel Stuckel.



• Un article de Matthieu Baumier sur le site de la revue "Recours au Poème" (# 80). En voici quelques extraits :

"L’insoupçonnée ou presque" se compose de six ensembles, le cinquième donnant son titre au livre, reliés comme par nature les uns aux autres, ainsi que par la présence disséminée de « notes de silence » numérotées. Ce mot « silence » est sans doute le mot essentiel de la poésie de Muriel Stuckel, parce qu’il est tout simplement le son de toute poésie authentique, le son même du Poème, mesure harmonique et harmonieuse de ce qui est. Et ainsi, toute poésie, et singulièrement cette poésie-là, est pensée de la poésie et du Poème.

(...) Et c’est une grande force dans ce livre de Muriel Stuckel, livre où le travail même de la poésie et du Poème est simultanément pensée de la poésie et du Poème.

(...) "L’insoupçonnée ou presque" est plus qu’une simple réussite, c’est un fort et beau livre de poésie, et cela pour cette simple raison : c’est une voix de poète qui, ici, émerge des profondeurs du Poème. Une voix d’encre."

http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/l’insoupçonnée-ou-presque-de-muriel-stuckel/matthieu-baumier


• Un article de Christophe Mahy sur le site de la revue DIÉRÈSE (n° 62, mars 2014) :

« Qu’est-ce qu’un poème ? », se demande d’emblée Bernard Noël en préface du copieux recueil de Muriel Stuckel. (...) À la lumière de ces pages profondes et pleines de fièvre désenfouie, on serait presque tenté de répondre que le poème est l’instant précis où le silence nous dévisage. (...) Sans doute vaut-il mieux se laisser porter par la mélodie universelle de ces six suites poétiques au cours desquelles on écoute le murmure des marges retrouvées comme la voix de tout être et de toute création. Ontologique, donc, sans aucun doute, la démarche poétique de Muriel Stuckel oscille entre le peu de l’immense et le trop du minuscule. (...)


• Un article de Julie Dekens publié dans la revue EUROPE (n°1019, mars 2014). Voici la dernière partie :

"Alors qu’"Eurydice désormais" avait exploré les possibilités de la voix féminine en donnant la parole à un personnage muet depuis "Les Métamorphoses" d’Ovide, "L’Insoupçonnée ou presque" voit émerger une autre voix, celle de la poète, tout en douceur et en atténuation. Cette voix avançait masquée par « l’or du mythe », sorte de voile protecteur qui cette fois « s’est évaporé ». De multiples autres voix viennent pourtant peupler ce nouveau texte, en écho à la citation de Rilke, « Toujours veille derrière toi une ample mélodie tissée de mille voix » : Octavio Paz, Marina Tsvétaïéva, Adonis, Bernard Noël, Marcel Proust, Henry James, Béatrice Douvre, Paul Celan, Gunvor Hofmo, et tant d’autres encore. L’intertextualité est dense, hommage, filiation, nostalgie, influences. "L’Insoupçonnée ou presque" est pourtant le lieu d’une naissance, celle de la voix personnelle de Muriel Stuckel, caractérisée par ce « puits de transparence », qui dit à la fois toute la profondeur du texte et sa volonté de se mettre à nu, car « Tu es là pour me dire toute ». Elle est ce « murmure échappé » qu’elle tente d’« écrire / Du bout de nos lèvres », l’au-delà du silence, un débordement de mots : « J’ai beau me taire / Ses mots me dépassent // Insoupçonnée ou presque ».

Son écriture se tient dans le souffle, le murmure, la fascination pour un silence inaugural qui devient un silence essentiel, qui « se chuchote ». Semant ses « Notes », la poète s’interroge : « Comment ne pas s’affranchir / De ces notes de lune / Qui nous tourmentent l’ouïe ? ». Le texte se porte alors « Jusqu’à l’extrême du silence », car « La poésie prend souffle ». Ces silences égrenés peuvent aussi se comprendre comme étant des instants de respiration, intéressant paradoxe qui fait écho à sa réflexion sur l’essence même de la poésie : un genre entre musique et littérature, forme muette et en même temps travaillée en profondeur par le risque du son. Le livre trouve alors son rythme, celui du silence."


• Un article d’Isabelle Raviolo sur le site "Terres de femmes" :

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2014/09/muriel-stuckel-la-poétique-des-failles-chez-muriel-stuckel-par-isabelle-raviolo.html


• Extraits d’un article d’Alain Fabre-Catalan, dans la "Revue Alsacienne de Littérature" (n°122, second semestre 2014) :

(...) Avec une série de vingt reproductions en pleine page, le livre conçu par les soins d’Alain Blanc, l’éditeur de Voix d’encre, établit un dialogue autour de l’acte de création dans un va-et-vient du regard tissant une « imperceptible genèse » entre la poésie et la peinture, comme un fil tendu à hauteur de ciel par dessus « la vague océane / Ondoyant de tous ses bleus / Jusqu’à l’évidence ultime ». (...) Au cœur du livre, une suite de neuf poèmes rend un émouvant hommage à Béatrice Douvre, cet « Ange qui ne mange pas » appelé à renaître sur la page « bruissante de mots à venir / Trépidante de phrases pourpres / Quand la douleur se disperse / À tous ciels à tous vents » (...). La suite de poèmes qui a donné son titre à un livre d’une grande intensité nous rappelle combien la poésie « demeure précaire » au premier accord « de nos syllabes imparfaites » mais que seul « le faire-corps avec la langue est le poème », ce dont Muriel Stuckel témoigne en citant Pascal Quignard. C’est avec passion qu’elle nous invite à soutenir « le souffle de l’insoupçonnée » pour « advenir dans le rythme des mots » et alors, nous promet-elle, « Tout au bout de la ligne / L’élan y sera notre mesure ».


• Extraits d’un article de Marie-Christine Masset dans la revue "PHOENIX" (n° 15, automne 2014)

(...) Les mots d’André du Bouchet cités en liminaire - "Tout se passe à la surface des grandes profondeurs" - se métamorphosent pour Muriel Stuckel en Art Poétique. Écriture lumineuse, ciselée à la pointe du vers (et de la césure) (...). Les images éclatent comme des étincelles travaillées dans l’azur même. « L’Insoupçonnée » est non seulement poésie mais aussi musique : concert à deux violes et peintures, celles de Laurent Reynès (...). Ce n’est plus la main qui voyage mais des couleurs s’effaçant avec beauté pour devenir "l’expérience du monde" telle que l’écrivait Yves Bonnefoy dans ses "Récits en rêve".


• Un autre compte rendu d’Alain Fabre-Catalan, paru dans la revue en ligne "Recours au poème".

http://www.recoursaupoeme.fr/chroniques/la-poésie-de-vive-voix-une-lecture-de-muriel-stuckel/alain-fabre-catalan