Les colibris à reculons

de
Sabine HUYNH

Illustrations :
Delbecq Christine
(dessins)

19.00 €    

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• ISBN : 978-2-35128-085-0

• format : 16 x 24 cm

• pages : 96

•illustrations : 17 craies noires de Christine Delbecq

• PARUTION : octobre 2013

Prix : 19.00 euros



Ces poèmes peuvent se lire comme une topologie de l’exil, dans le sillage des drôles d’oiseaux qui les traversent : pies silencieuses, oiseaux oniriques, effarés, grèbes errants, hérons cendrés hébétés, corbeaux orchestrant l’aube, fous pélagiques hurleurs, oiseaux aux œufs hors normes, oisillons qui migrent déjà...

Et parmi eux, des colibris, les plus petits oiseaux de la planète, les plus rapides et les plus entêtés aussi, les seuls à pouvoir voler à reculons, ou la tête en bas, à faire du sur-place... comme les immigrés et les immigrants, ces pollinisateurs polyglottes sans lesquels nulle fleur n’éclorait. Toujours dans l’urgence, au bord de la rupture, leurs ailes battant inlassablement dans l’immensité du monde et l’effort de la survie. Infatigables par nécessité, ils volent dans tous les sens et sans répit car leur vie en dépend, même dans l’obscurité, même les ailes brisées.

Ils volent à reculons, en rêvant d’un retour improbable vers un pays d’origine de timbres-poste ; l’en-avant et le retournement dans le même élan de survie, où bourdonnent des histoires d’exil, singulières et universelles, qui n’ont de sens que dans la renaissance.

(Sabine Huynh)


Le Prix Calliope 2015 vient d’être attribué à l’auteure.


À consulter

• un article de Frédéric Fioletti sur le site "la marche aux pages" :

http://la-marche-aux-pages.blogspot.fr/2014/02/sabine-huynh-une-topologie-de-lexil.html

• un article de Sabine Péglion sur le site "Terres de femmes" :

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2013/10/sabine-huynh-les-colibris-à-reculons-par-sabine-péglion.html

• un article de Matthieu Baumier sur le site "Recours au poème" :

http://www.recoursaupoeme.fr/critiques/les-colibris-à-reculons-de-sabine-huynh/matthieu-baumier

• un article de Cécile Guivarch sur le site "Terre à ciel" :
http://www.terreaciel.net/Hep-Lectures-fraiches-fevrier-2014#.Uw7Dd17vbnc

• un article de Isabelle Lévesque sur le site "Terres de femmes" :

http://terresdefemmes.blogs.com/mon_weblog/2014/03/sabine-huynh-les-colibris-à-reculons-par-isabelle-lévesque.html

• Une note de Ludovic Degroote sur le site du "Cahier Critique de Poésie" :

http://cahiercritiquedepoesie.fr/ccp-29-2/sabine-huynh-les-colibris-a-reculons


Claudia Azzola, directrice de la revue milanaise de traduction poétique internationale "TraduzioneTradizione" :

"Les Colibris à reculons... Le recueil me plaît : le mouvement incessant, le frémissement, le vol, l’errement d’un continent à l’autre, pas en marchant d’un pied lourd mais en "voguant" sur les ailes de toutes sortes d’oiseaux, y compris un oiseau fait de métal, d’aluminium, un oiseau factice survolant l’Asie en direction de la France, la fratrie à bord. Les oiseaux transmettent cette idée de légèreté, mais à quel prix ? L’exil, l’absence, le silence, la nostalgie, "l’errance commence dedans", la réalité inconnue, "...entre le connu et l’inconnu/ le nécessaire et le surplus/ les chauves-souris volent en rond / les colibris à reculons". Ces derniers sont les seuls êtres ailés qui "volent sur place / s’activent dans l’insuffisance....", tout comme l’exilé dont on attend qu’il vive dans une réalité moyenne, intermédiaire (et voilà que je pense en français maintenant).
Le style me plaît, léger et dense à la fois, chargé d’héritage mais sans les excès des mémoires, dépeignant dans les détails afin que la mémoire ne retienne que les images les plus importantes d’une existence entière. On ne se remet pas complètement, mais on est quand même transporté vers une (des) nouvelle(s) demeure(s), un trésor où renaître.
Toutes mes félicitations pour un livre apparemment léger qui contient en fait la durée de toute une vie, avec ses réalités en demi-teinte, et ses non-dits."


Kyoko Uchida :

J’ai été totalement subjuguée par la langue, simple, intimiste ; la luxuriance et le calme des paysages de la première partie ; la dissonnance des poèmes finaux sur la dislocation ; et la musique crue de la perte. La beauté de l’objet-livre — non seulement les peintures, mais aussi le blanc qui englobe les poèmes, les vers tronqués — coupe également le souffle. Les modes distincts et changeants des différentes parties sont particulièrement saisissants, ainsi que la précision du langage qui met à jour, juste en quelques mots, des tons complexes et extrêmement contrastés, des flashs d’ombre et de lumière, l’urgence frénétique de "Et si la source de mon être / était ailleurs que dans l’effarement de l’arrachement ?", face à l’ambivalence rentrée de "Nous sommes / sur le seuil / de notre séparation " — et le tout est tissé d’une douleur sourde.